On reste bien au chaud

Dans le cadre de ce Cahier de musique, on s’intéresse à l’effet émotif de la musique sur les adultes et les enfants. On profite du changement de saison pour élargir notre répertoire de comptines au sujet de l’hiver. Finalement, on propose de nouvelles activités pour explorer le riche potentiel de la voix parlée.

Le chemin de l’émotion

Lorsque les humains sont en contact avec la musique, cela a un impact au niveau neurologique, psychologique et affectif. La musique nous affecte de plusieurs manières. Elle peut nous apaiser, nous amener un sentiment de réconfort, nous émouvoir, éveiller des souvenirs, réveiller des émotions. Mais concrètement, comment des ondes sonores invisibles, qui voyagent dans l’air, peuvent-elles avoir un tel effet sur notre corps ? 

L’une des premières parties du cerveau à être activée au contact de la musique est l’hypothalamus, qu’on associe au système limbique. L’une de ses fonctions est de traduire les stimulations extérieures en émotions. Affirmer que la musique est le langage des émotions prend ici tout son sens. Cela est particulièrement vrai dans la jeune enfance où les tout-petits entrent en contact avec leur monde de façon sensorielle et sensitive. Avant même d’avoir acquis les mots pour nommer leur réalité de façon précise, les tout-petits sont sensibles au monde sonore qui les entoure. Ils se l’approprient et apprennent peu à peu à l’imiter par une série de vocalisations, babillages, grognements, répétitions de sons, pleurs, etc. 

Après avoir rejoint l’hypothalamus, le siège des émotions, la musique stimule des zones du cerveau associées à de nombreuses tâches, comme la mémorisation, l’apprentissage du langage, la coordination, la focalisation de l’attention. Le contact avec la musique dès un jeune âge prépare donc l’enfant à acquérir plusieurs compétences. D’une façon semblable, permettre aux tout-petits d’explorer le chant et la musique dans un cadre libre et détendu leur permet de développer ou de renforcer toutes sortes d’habiletés de façon amusante.

Pour en apprendre davantage sur l’impact de la musique dès les premières années de vie, consultez : Musique, musicothérapie et développement de l’enfant de Guylaine Vaillancourt, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, Montréal, 2005, 186 pages.

Comptines sur l’hiver

Pour marquer le changement de saison à venir, on vous propose quelques comptines portant sur la neige et sur l’hiver. À lire et relire à voix haute, en famille. 

Quelques jeux autour de la voix parlée

Comme dans les derniers Cahiers de musique, on vous suggère des activités pour vivre des moments amusants en famille. Cette fois-ci, on vous propose d’explorer le riche potentiel de la voix parlée. On l’oublie parfois, mais celle-ci se caractérise par une grande musicalité, qui se manifeste entre autres par le débit, les intonations, les pauses, la cadence, l’utilisation d’un registre de voix grave ou aiguë, l’utilisation d’accents toniques.  

Les activités qui suivent conviennent parfaitement aux personnes qui sont gênées de chanter.

Comme les animaux

Choisissez un animal et, sans trop y penser, parlez spontanément avec une voix qui représente bien les caractéristiques de cet animal. Inspirez-vous de la taille, du rythme de déplacements, des habitudes de vie de l’animal pour votre imitation. Par exemple :

  • Pour l’éléphant, adoptez une voix basse et un rythme lent, en écho à son poids et à sa lourdeur.
  • Pour l’écureuil, adoptez une voix aiguë et un rythme rapide, en écho à sa légèreté et son caractère nerveux.
  • Pour le serpent, utilisez un rythme lent, un volume bas, tout en laissant couler beaucoup d’air dans votre voix.
  • Pour le lion, utilisez une voix grave et forte, tout en utilisant un rythme lent. 

Vous pouvez aussi pousser le jeu plus loin et vous amuser à rire ou à éternuer avec la voix de l’animal.

Les intonations

D’abord, choisissez un prénom, un mot ou une courte phrase. Répétez le même mot ou la même phrase en variant l’intonation. (Vous pouvez ajouter des onomatopées pour vous aider avant de dire le mot ou la phrase.)

  • Ton interrogatif : « Béatrice ? »
  • Ton surpris : « Béatrice ! » (onomatopées : « oh ! » ou « ih ! »)
  • Ton apeuré : « BÉ-A-TRICE ! » (onomatopée : « AH ! ») 
  • Ton hésitant : « Bé…a…trice… » (onomatopée : « eh » )

On se donne rendez-vous dans un mois à l’occasion d’un autre Cahier de musique hivernal !