publié le samedi 5 septembre 2026
par landrianina dans Blogue
Chères familles,
Cet été, pendant une sortie en forêt, les enfants ont fait une découverte : sous les aiguilles de pin se cachait un minuscule crapaud.
Il n’en fallait pas plus pour éveiller leur curiosité. Très vite, les enfants ont voulu l’observer, le montrer aux autres et regarder autour d’eux pour voir s’il n’y en avait pas d’autres.
Cette rencontre était inattendue. Personne n’était parti avec l’objectif de chercher des crapauds ce jour-là. Alors, lorsque les enfants l’ont trouvé, les questions ont commencé à émerger.
Où vit-il ? Pourquoi est-il caché ici ? Qu’est-ce qu’il mange ? Est-ce qu’il y en a d’autres dans la forêt ? Est-ce que c’est un crapaud ou une grenouille ?
C’est souvent de cette manière que commencent les apprentissages en plein air : par quelque chose que nous n’avions absolument pas prévu de trouver.
Dans ce blogue, découvrez :
Bonne lecture !
Mathieu Lambert
Coordinateur du projet CPE en nature et conseiller pédagogique en plein air, Carrefour francophone
Lorsque nous partons nous promener avec les enfants, nous pouvons avoir tendance à prévoir une activité ou un objectif pour rendre la sortie intéressante. Pourtant, il suffit parfois simplement de sortir et de prendre le temps de regarder ce qui nous entoure. Et les enfants sont particulièrement doués pour cela.
Une fourmi qui traverse le chemin peut les arrêter plusieurs minutes. Une plume devient un trésor. Une empreinte dans la boue soulève une foule de questions. Un bruit dans un arbre donne envie de chercher celui qui se cache dans les branches. Et cette fois-ci, c’est ce petit crapaud qui a retenu toute leur attention.
En tant qu’adultes, nous passons probablement à côté d’une grande partie de ces petites choses. Nous avançons, nous regardons le chemin devant nous et nous pensons déjà à la suite. Les enfants nous invitent souvent à ralentir et à regarder d’un peu plus près.
Et lorsque nous commençons à regarder, nous découvrons souvent beaucoup plus que ce que nous cherchions.
Au Carrefour francophone, nous pensons qu’il est important que l’enfant soit le principal acteur de son développement, qu’il soit au centre de ses apprentissages. Les enfants apprennent énormément en expérimentant, en manipulant et en essayant de comprendre ce qui les entoure.
Avec l’expérience, nous pouvons voir que les habiletés des enfants sont aussi en lien avec les expériences actives.
Lorsqu’ils font la découverte d’un animal tel que ce petit crapaud, nous avons vu qu’ils posent de nombreuses questions. Avant l’âge de 8 ans, ou même de 12 ans, l’enfant a besoin d’être soutenu pour trouver des solutions ou des réponses à ses questions.
Cela ne l’empêche aucunement, lorsqu’il est bien accompagné, de faire preuve de créativité, de découvrir de nouveaux raisonnements par lui-même, d’exercer son intuition et son imagination. À force de pratique, il développe une pensée toujours plus vive et entretient une grande curiosité.
En tant qu’adultes, nous pouvons encourager les enfants à trouver des solutions, favoriser leur créativité et les accompagner dans leurs découvertes, afin de les laisser être les principaux acteurs de leur développement.
Les enfants ont un talent particulier : ils savent poser LA question à laquelle nous ne savons pas répondre.
Et ce n’est pas grave.
Nous n’avons pas besoin de connaître le nom de chaque plante, de chaque insecte ou de chaque animal rencontré pour profiter d’une sortie dans la nature avec eux. Nous pouvons observer ensemble. Nous pouvons guider les enfants dans leurs questionnements en leur offrant des pistes de réflexion, et en leur répondant par d’autres questions pour les soutenir dans leurs raisonnements.
Qu’est-ce que tu remarques ? À ton avis, pourquoi est-il caché ici ? Est-ce que nous pourrions en trouver un autre ?
Et lorsqu’une question reste sans réponse, un simple « Je ne sais pas. On cherche ensemble ? » peut suffire.
Nous pouvons les aider à faire des hypothèses, prendre une photo pour essayer d’identifier notre découverte plus tard, regarder dans un livre en rentrant ou simplement continuer à observer. Certaines questions trouveront une réponse, d’autres non. Cela fait aussi partie de l’exploration.
L’un des avantages de ce type de sortie est qu’il n’y a pas vraiment d’âge pour participer.
Avec un tout-petit, on peut simplement montrer ce que l’on voit, écouter les bruits, nommer les animaux ou regarder ce qui bouge dans l’herbe. Un insecte peut déjà devenir une découverte extraordinaire.
Les enfants un peu plus grands pourront chercher davantage, comparer ce qu’ils trouvent ou dessiner leurs découvertes.
Les plus âgés pourront prendre des photos, essayer d’identifier certaines espèces ou choisir une question à approfondir une fois de retour à la maison.
En encourageant les enfants à découvrir leur environnement de façon adaptée, nous les soutenons dans la structuration de leur pensée.
Et puis, c’est si intéressant, que même les adultes peuvent prendre plaisir à participer !
Les enfants ont souvent très envie de toucher ou prendre l’animal dans leurs mains lorsqu’ils le découvrent. Nous pouvons aisément les comprendre : voir de plus près permet de découvrir des détails que nous ne remarquerions pas autrement.
Malgré tout, ces rencontres permettent de faire des rappels, de sensibiliser les enfants : les animaux que nous observons sont dans leur milieu de vie, nous devons agir avec précaution, et parfois même, simplement les observer.
C’est notre rôle de proposer diverses options, respectueuses du vivant, aux enfants. Nous pouvons nous approcher doucement, prendre le temps de regarder comment ils se déplacent, prendre une photo ou faire un dessin, puis les laisser poursuivre leur chemin.
Quand nous soulevons quelques feuilles ou que nous regardons sous une branche, nous pouvons également remettre les choses en place avant de partir.
Ces petits gestes permettent de continuer à explorer et à observer sans trop déranger les animaux que nous avons la chance de rencontrer.
La prochaine fois que vous sortirez avec les enfants, vous pouvez essayer de prendre quelques minutes pour regarder autour de vous :
Qu’est-ce qui bouge dans l’herbe ? Qu’entendez-vous ? Qu’est-ce qui se cache sous les feuilles ? Y a-t-il des empreintes sur le chemin ?
Vous ne rencontrerez peut-être aucun crapaud, et vous passerez peut-être dix minutes à observer une araignée, une coccinelle, ou à suivre une fourmi. Vous pourriez même trouver quelque chose que personne ne saura identifier. Peu importe.
L’objectif n’est pas de trouver quelque chose d’extraordinaire, mais de prendre le temps de découvrir ce qui est déjà là. On ignore souvent à quel point notre environnement regorge de trésors.
FrancoFaits : des faits issus de la recherche sur le vocabulaire et la langue en contexte minoritaire, présentés par Chantal Mayer-Crittenden, orthophoniste et professeure à l’Université Laurentienne
Nos partenaires de projet : PLAYLearnThink, Collège Boréal, Centre éducatif des Premières Nations, Métis et Inuit et la Pavillon Shkode (Cœur du feu);
nos partenaires de recherche : Centre d’innovation sociale pour l’enfant et la famille et notre bailleur de fonds : Emploi et Développement social Canada.
« * » indique les champs nécessaires