Et si ce n’était pas QUE des déchets ?

L’automne s’installe, avec ses couleurs dorées qui parsèment rapidement notre environnement, et ses récoltes généreuses. Les feuilles au sol nous rappellent que tout, dans la nature, suit un cycle.

Ce mois-ci, restons dans le thème de la nature et des récoltes, en parlant de compostage. Un geste simple, mais tellement important.

C’est un mot que les enfants entendent de plus en plus souvent. Mais en quoi cela consiste-t-il ? Une pelure de carotte peut-elle vraiment se transformer en un terreau riche et vivant ?

Dans cette infolettre, nous vous invitons à plonger les mains dans la terre, ou presque ! Vous allez découvrir trois types de compostage, leurs différences, leurs bienfaits et aussi, comment ils peuvent devenir d’incroyables outils éducatifs.

Nous vous parlerons également du centre de petite enfance Village des tout-petits, situé à Saint-Charles, où les enfants découvrent en ce moment même un composteur électrique surprenant, et dont le jardin regorge de légumes.

Que ce soit dans un bac, dans un jardin ou même dans une classe, les déchets sont utiles et peuvent devenir une opportunité d’apprentissage.

 

Bonne lecture à tous !

Mathieu Lambert
Coordinateur du projet CPE forêt et conseiller pédagogique en plein air, Carrefour francophone.

Trois composts, trois différentes manières de transformer la matière

Le lombricompostage

Comme son nom l’indique, on retrouve les lombrics à l’intérieur de ce système de compostage. En effet, ce sont eux qui travaillent sans relâche pour transformer les matières organiques en humus.

Et qu’est-ce que le humus ? C’est tout simplement la terre qui provient de la décomposition des végétaux : une terre noire, vivante et fertile.

Ce processus est lent, il faut parfois plusieurs semaines, voire quelques mois, mais il est aussi très riche en enseignements : les enfants peuvent observer, nourrir les vers, et découvrir leur rôle dans le sol.

Grâce à cette méthode, ils deviennent sensibles au cycle du vivant, apprennent à ajuster l’humidité et auront la chance de voir apparaître progressivement, lentement, cette matière sombre.

Une belle manière d’apprendre la patience et de développer le respect de l’équilibre naturel.

Le compostage en bac

Vient ensuite le compostage en bac, celui qu’on retrouve souvent dans les jardins. On y dépose les déchets verts, comme les pelures, les feuilles ou les tontes de gazon, mais aussi des matières plus sèches, comme des petits morceaux de carton, des feuilles mortes, ou des branches.

Là encore, les enfants peuvent tout à fait participer à ce processus : ils peuvent déposer, mélanger et observer l’évolution de la matière. Les odeurs changent, les couleurs aussi. Comme pour le lombricompostage, ce processus leur enseigne peu à peu comment la nature équilibre les choses, et comment, à force de temps, elle crée

un terreau fertile. Et oui, cela demande du temps : entre 3 à 12 mois !

Il faut aussi savoir que ce type de compostage n’est pas forcément le plus adapté à toutes les régions. À Sudbury, par exemple, la présence régulière d’ours en ville nous pousse à faire preuve de vigilance. Un bac de compostage extérieur, rempli de restes de nourriture, pourrait malheureusement attirer ces visiteurs curieux à la recherche d’un repas facile. Ce n’est donc pas une option recommandée, et encore moins à proximité des lieux fréquentés par de jeunes enfants.

Dans les milieux urbains ou en contexte scolaire, on se tourne souvent vers d’autres solutions plus sécuritaires, et tout aussi éducatives. C’est le cas du compostage électrique !

Le compostage électrique

Et justement, parlons du compostage électrique, une solution étonnante et terriblement efficace. C’est celle que les enfants de Village des tout-petits découvrent en ce moment même.

Ce petit appareil discret, mais ingénieux, transforme les restes alimentaires en humus en seulement quelques heures ! Cela prend entre 2 à 8 heures selon les modèles, les pelures, les croûtes de pain ou les restes de légumes sont déshydratés et broyés jusqu’à former ce terreau que l’on peut réutiliser dans les plantes ou les jardins.

Le plus impressionnant, c’est la rapidité du processus. Là où les autres méthodes demandent de la patience, ici le résultat est quasi immédiat : les enfants peuvent constater dès le lendemain ce que devient ce qu’ils ont mis de côté.

Mais ce n’est pas tout. Le compostage électrique ouvre la porte à de nombreuses discussions pédagogiques, par exemple : sur le gaspillage alimentaire, la transformation de la matière, ou encore l’usage de la technologie au service de l’environnement.

C’est aussi un excellent moyen de montrer que, même en milieu urbain ou en centre éducatif, il est possible d’agir concrètement pour réduire notre empreinte écologique.

Et comme il fonctionne en intérieur, sans odeur et sans risque d’attirer des animaux, il devient un choix idéal pour notre réalité locale !

Tous ces composts ont en commun une chose essentielle : ils connectent les enfants (et les adultes !) au cycle de la vie.

On ne jette pas, on transforme. On n’élimine pas, on rend à la terre.

Et si ces gestes devenaient des habitudes dès le plus jeune âge ?

Peu importe la méthode choisie : le compost, qu’il soit lent ou rapide, offre aux enfants une occasion unique de comprendre les cycles naturels. Il les reconnecte au sol, à la matière, et à l’idée que ce que l’on croit fini peut en réalité devenir le début d’autre chose.

Quand le compost nourrit aussi la réflexion

Quels apprentissages concrets le compostage peut-il soutenir ?
Pensez aux domaines du langage, des mathématiques, de l’observation scientifique, de la motricité…

Quelle place laissons-nous aux processus lents dans nos journées éducatives ? Comment valoriser auprès des enfants des expériences qui ne donnent pas de résultat immédiat ?

Comment les enfants perçoivent-ils leur lien avec la nature lorsqu’ils participent à des gestes écologiques ?
Quels effets observez-vous sur leur comportement, leur langage et leurs initiatives ?

Le gaspillage alimentaire est-il un sujet que nous abordons avec les enfants ? Si oui, comment ?
Comment pourrions-nous renforcer ces discussions de manière adaptée à leur âge ?

On vous propose d’explorer ces questions avec vous dans le prochain numéro.

Pendant ce temps, dans les centres de la petite enfance du Carrefour francophone

Récolte de haricots en cours !

Les enfants de Carrefour des tout-petits découvrent le plaisir de cueillir les légumes qu’ils ont vus grandir tout l’été ! Semés au printemps, ces haricots ont été plantés, observés et arrosés avec soin par les enfants. Un vrai jardin d’apprentissage !

Des tournesols plus grands qu’eux !

À Boréal des tout-petits, les enfants adorent voir les fleurs géantes qu’ils ont plantées quelques mois plus tôt. En prenant soin de leurs tournesols, ils apprennent que la nature met du temps à grandir. Ces tournesols ne font pas qu’embellir l’espace : ils nourrissent aussi les abeilles et les insectes du quartier !

Et si tout commençait par ce qu’on croyait devoir jeter ?

À travers ces gestes simples, les enfants découvrent bien plus que ce qu’est le compostage.

Ils apprennent à ralentir. À observer le changement. Ils découvrent que chaque geste compte et que la nature prend son temps. Que ce que l’on appelle souvent « déchet », peut devenir source de vie et d’apprentissage. Au même titre que le recyclage, finalement, qui pourrait lui aussi être exploré avec les enfants.

Dans nos centres de petite enfance, ces découvertes prennent place doucement dans le quotidien.

Merci à toutes les équipes éducatives qui rendent cela possible, chaque jour, par leur engagement, leur créativité et leur sensibilité.

Continuons à planter ces graines, elles ont tout ce qu’il faut pour grandir !

 

À bientôt,

 

Mathieu Lambert
Coordinateur du projet CPE Forêt et conseiller pédagogique en plein air, Carrefour francophone

Le Carrefour francophone souhaite offrir ses remerciements

Nos partenaires de projet : PLAYLearnThink, Collège Boréal, Centre éducatif des Premières Nations, Métis et Inuit et la Pavillon Shkode (Cœur du feu);
nos partenaires de recherche : Centre d’innovation sociale pour l’enfant et la famille et notre bailleur de fonds : Emploi et Développement social Canada.

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