La Slague

La Slague est un diffuseur de concerts d’artistes francophones dans le Grand Sudbury (Ontario). Ses origines remontent aux années ’60 et ’70 quand La Slague accueillait des artistes comme Félix Leclerc, Jean-Pierre Ferland, Cano, Renée Claude, Harmonium et Offenbach. La Slague est disparu vers la fin des années ’90 mais elle revient aujourd’hui en force presque 10 ans plus tard dans la programmation du Carrefour francophone.

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« En guise de témoignage » – Michel Dallaire raconte Cano+Harmonium

21 juin, 2009

Pour moi, Harmonium et CANO-musique s’inscrivent dans le mouvement de contre-culture de la fin des années 1960 et du début des années 1970.

Quand j’écoutais Harmonium, j’entendais un peu la Californie, mais en français. Mais je veux surtout parler de CANO, sans doute parce que ces artistes «parlaient» au jeune francophone (un peu perdu) que j’étais.

Jeune francophone qui, à l’époque, s’identifiait surtout à la culture de langue anglaise. Jeune francophone qui, après avoir sillonné une vingtaine de pays d’Amérique du Sud, d’Europe et d’Afrique du Nord pendant deux ans, revenait dans le Nord de l’Ontario, se cherchait… Une identité surtout.

En 1977, j’atterris à la Laurentienne et, sans le savoir, je me trouve en plein dans la ruche où viennent de naître Prise de parole, le Théâtre du Nouvel-Ontario, La Nuit sur l’étang, La Slague, la Galerie du Nouvel-Ontario, la carrière de Robert Paquette et celle de CANO-musique.

Du côté de CANO-musique, je m’identifiais (comme tant d’autres) à un groupe de jeunes qui « osait » prendre la parole, « notre » parole, et la crier sur tous les toits. Entre deux cours à la Laurentienne, entre deux joints, on écoutait, on rêvait, on se reconnaissait. On sortait nos guitares et on apprenait les chansons. On sortait nos cahiers et on écrivait. Mais surtout, on sentait qu’il se passait quelque chose. Même dans nos cours, des professeurs tels Robert Dickson et Fernand Dorais — les deux très actifs au sein de la Coopérative artistique du Nouvel-Ontario — tentaient de situer l’ampleur de ce « projet collectif ».

C’est après avoir assisté à un spectacle de CANO-musique à l’ancien Théâtre Empire de Sudbury, après avoir senti ce que toute la foule sentait, que j’ai vraiment compris que cet « avenir possible » dont parlait Robert Dickson dans son poème Au nord de notre vie nous appartenait.

Il y a quelques années, j’ai écrit une chanson avec Marcel Aymar. Ce que je retiens surtout de cette expérience, c’est sa grande ouverture et son respect du texte que je lui ai soumis. Conscient de ses antécédents au sein du groupe CANO, jamais je ne me suis senti face à un « monument ». Au contraire. Nous avons travaillé dans la plus grande et belle simplicité. Plus tard, nous avons également travaillé ensemble lors de soirées de poésie. Chaque fois, j’ai retrouvé le créateur simple et sensible. Accessible surtout.

Au fil des années, certains ont tenté de créer un mythe autour de CANO-musique. Pour moi, entre la voix de Rachel et le violon de Wasyl…, il n’y avait que des créateurs honnêtes qui agissaient… sans toujours savoir où cela mènerait (Comment pouvaient-ils savoir ?). Aujourd’hui, il nous reste la musique, les paroles et surtout l’âme de ce qu’ils ont accompli.

Le Québec a connu sa révolution tranquille. Du côté de l’Ontario français, certains ont parlé d’une révolution sereine. Quoi qu’il en soit, CANO et CANO-musique étaient parmi ceux qui ont joué un rôle primordial. En tant que défricheurs, ils ont ouvert la voie à de nombreux créateurs qui, aujourd’hui, s’affichent et connaissent du succès aux niveaux local, provincial, national et international.

- Michel Dallaire

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